Dans plusieurs devis, appels d’offres et discussions de chantier, le terme « Galvicon » continue d’être utilisé comme solution de retouche pour l’acier galvanisé.
Le constat est pourtant clair : le Galvicon est discontinué depuis 1996, soit déjà 30 ans.
Son maintien dans les documents techniques crée aujourd’hui une zone grise importante, tant sur le plan de la conformité normative que sur le plan de la durabilité réelle des ouvrages.
- Galvicon n’existe plus… mais son nom circule encore
Depuis sa disparition du marché, le nom Galvicon est devenu un terme générique informel, souvent utilisé :
- dans des devis non mis à jour
- par habitude ou par transmission historique
- comme référence floue sans exigence de performance associée
👉 Lorsqu’un devis mentionne “Galvicon”, cela signifie concrètement que l’entrepreneur peut utiliser le produit de son choix, sans obligation réelle de résultat, et souvent sans en informer le donneur d’ouvrage.
- Le piège des aérosols : une retouche cosmétique, pas une protection
Aujourd’hui, une recherche pour « acheter du Galvicon » mène principalement à :
- des commerces industriels ou quincailleries spécialisées ayant des équivalents
- des produits en aérosol vendus comme solutions de « retouche galvanisée »
Ces produits sont généralement :
- à faible teneur en zinc
- appliqués en couches minces non mesurables
- incapables d’assurer une protection cathodique durable
Il s’agit dans la majorité des cas d’un maquillage visuel, sans performance anticorrosion réelle à moyen et long terme.
- Ce que la norme ASTM A780 exige réellement
La norme ASTM A780 définit clairement les exigences applicables aux retouches sur acier galvanisé.
Pour toute zone réparée :
- l’épaisseur de la retouche doit être supérieure à celle du revêtement galvanisé adjacent de 2 mils (50 microns)
Les aérosols commerciaux :
- n’atteignent généralement pas ces épaisseurs, à moins de mettre plus de 10 couches.
- ne permettent aucun contrôle sérieux du DFT
- échouent prématurément en environnement réel
- Pratique industrielle : utilisation par les galvaniseurs eux-mêmes
Un point souvent négligé dans le débat : les galvaniseurs utilisent eux-mêmes ce type de solution en usine.
Des galvaniseurs reconnus, dont Corbec, utilisent le Rust-Anode® Primer directement dans leurs installations pour effectuer des retouches locales après galvanisation, notamment pour :
- des zones de manipulation
- des dommages mineurs post-inspection
- des corrections ponctuelles conformes à l’ASTM A780
Lorsqu’un produit est accepté et utilisé par un galvaniseur, il ne s’agit plus d’une solution improvisée de chantier, mais bien d’une pratique industrielle alignée avec les exigences normatives et opérationnelles.
À l’inverse, les aérosols commerciaux ne sont pas utilisés par les galvaniseurs pour des retouches structurales ou permanentes destinées à des environnements exigeants.
- Reconnaissance officielle : Rust-Anode® Primer
Le Rust-Anode® Primer est :
- un enduit galvanisant riche en zinc
- applicable en épaisseur contrôlée
- conforme aux exigences de la norme ASTM A780
- reconnu par l’American Galvanizers Association (AGA) comme produit acceptable pour les retouches sur acier galvanisé
https://galvanizeit.org/education-and-resources/publications/touch-up-and-repair-of-galvanized-steel
Il s’agit d’une solution technique reconnue, et non d’un produit cosmétique destiné uniquement à l’apparence.
- Le cas Hydro-Québec : fin des aérosols dans les devis
Hydro-Québec a officiellement retiré les aérosols de ses devis pour les retouches sur acier galvanisé.
Motif principal :
- performances insuffisantes observées sur le terrain
- échecs prématurés
- coûts de reprise élevés
Cette décision reflète une réalité désormais bien documentée :
les aérosols ne répondent pas aux exigences de durabilité des infrastructures critiques.
- Le vrai risque : un faux sentiment de conformité
Continuer à spécifier :« Galvicon » ou une « retouche galvanisée en aérosol »
revient à :
- créer une non-conformité invisible
- transférer le risque vers l’ouvrage
- compromettre la durée de vie réelle des structures
Conclusion – Mettre fin à une pratique dépassée
Galvicon est discontinué depuis près de 30 ans
- Les aérosols ne respectent pas l’ASTM A780
- Le nom est aujourd’hui utilisé pour vendre des produits de faible performance
- Des solutions conformes, reconnues et utilisées par les galvaniseurs existent
- Les grands donneurs d’ouvrages ont déjà corrigé le tir
Il est temps de mettre à jour les devis, de nommer clairement des solutions conformes, et de cesser d’entretenir un mythe technique.